André Baechler : un peu de moi, de ma vie, de mes envies...
Mon parcours de vie de ma naissance à ce jourMa venue sur la planète bleue
Malgré cette hésitation de dernière minute à rejoindre l'humanité, je me suis senti investi dès mes plus jeunes années de cette force, de cette foi indicible qui m'a toujours donné l'envie et l'énergie d'avancer. Sans elle, je serais reparti depuis longtemps, c'est sûr. Cette foi, c'est ma connexion avec le tout. Je ne lui donnerai pas d'autre nom, car je n'aime pas les étiquettes. A vous de l'associer si nécessaire à vos croyances. De l'enfance...
A l'âge de neuf ans, mes parents ont choisi de regagner Fribourg, leur terre d'origine, que mon père avait dû quitter pour raisons professionnelles dix ans auparavant. Il était mécanicien CFF ( conducteur de train au service de notre compagnie de chemins de fer suisse ). Je me suis retrouvé dans une ville aux intonations bizarres, et en classe tout le monde me faisait parler pour se moquer de mon accent jurassien. Le plus difficile en tant que gaucher, était de m'habituer à écrire du jour au lendemain avec une plume à réservoir, sans étaler de ma main gauche l'encre encore fraîche. Je me souviens de crampes mémorables dans le poignet. L'école était pour moi une obligation que j'assumais avec réticence, sans trop me poser de questions, sans en faire plus qu'il n'en fallait. J'étais minimaliste.
... à l'adolescence
Les réverbèresSi je vous dis qu'en fin d'adolescence j'ai éteint des centaines de réverbères, vous allez penser que j'étais l'auteur d'actes de vandalisme. Et pourtant, il n'en est rien. Vers l'âge de 17 ans, je marchais souvent de nuit dans la ville. L'hiver, pour me faire un peu d'argent de poche, j'étais appelé durant la nuit sur les trottoirs de Fribourg, pour aller déblayer la neige. Je passais donc passablement de temps sous l'éclairage publique qui sembla soudain réagir à ma présence. Il arrivait fréquemment qu'un réverbère s'éteigne juste au moment de mon passage. Au départ, je prenais cela pour une coïncidence, mais je pris rapidement conscience que les lampadaires ne se rallumaient plus... avant que les services publics ne viennent remplacer les ampoules électriques. Sans la moindre mauvaise intention, il m'arrivait d'en éteindre deux ou trois en un quart d'heure de marche. Parfois même je savais que l'un d'eux allait s'éteindre quelques mètres avant de passer dessous. Je prenais cela comme des clins d'oeil de l'univers et les personnes qui m'accompagnaient s'en rappellent encore aujourd'hui. Dans cette même période, ma présence marquait le dérèglement de nombreux appareils électroniques tels que lecteurs CD, réveils, et autres. Puis progressivement, vers l'âge de vingt ans, tout s'est calmé sans que je ne puisse l'expliquer. Mon parcours militaire obligatoireEn juillet 1986, j'ai débuté mon école de recrues obligatoire. A choisir entre la prison pour objection de conscience ou consacrer quatre mois pour explorer l'imbécillité humaine, je n'ai pas hésité longtemps. Dès les premiers instants, j'ai tout de suite compris à quel point il allait être difficile de supporter un tel concentré de bêtise humaine. C'aurait pu être pire si j'avais été recruté dans les troupes de terrain. Par chance, mon bagage professionnel ainsi qu'un examen préalable assez sélectif m'avaient ouvert les portes de l'aviation, à la caserne de Payerne. J'allais être chargé de la maintenance électronique au sol des avions de chasse.
Pour ne pas être pointé, j'allais dormir. A chaque occasion, je ne manquais pas de fermer les yeux et de dormir, assis, debout, couché, dans toute les positions, je dormais. Bien sûr, jamais d'initiative et toujours des résultats moyens, c'était la clé de ma réussite. Lors de marches de section ( vous savez, ces marches militaires où tout le monde est aligné et marche au pas ), je me forçais à être toujours désynchronisé. Ce n'était pas évident de balancer ses bras de manière totalement décalée par rapport aux jambes, elles-mêmes désynchronisées de celles de mes petits camarades de jeu. Mais le plus dur était encore de ne pas s'esclaffer de rire face à un tel ridicule. Au début, je me faisais semoncer, puis ensuite je ressentais à mon égard une forme de compassion de la part de mes supérieurs, au point que lorsqu'il y avait des marches officielles, on me mettait gentiment de coté pour ne pas gâcher le merveilleux spectacle des robots qui défilent. Et là, j'ai compris aussi que nos supérieurs étaient qualifiés en fonction de nos prestations. Encore un nouveau moyen de pression. Tout se passait bien et au fil des évaluations, je n'étais toujours pas repéré pour faire carrière dans l'armée suisse et je n'allais pas m'en plaindre. Mon seul faux pas fut l'obtention accidentelle d'une médaille de tir que j'avais pris la peine de fixer sur mon pantalon au niveau des fesses. C'était comme je me plaisais à le dire, ma médaille de tir... au cul. Je me suis retrouvé à l'issue de ces quatre mois totalement avachi. Le retour à la vie civile a nécessité quelques semaines de réadaptation. Puis les cours de répétition annuels ont suivi à raison de trois semaines par année, durant lesquelles j'avais le "plaisir" de me replonger dans ce milieu désolant. Le risque d'être pointé pour grader était moindre et j'ai alors commencé à me lâcher. Avec mon ami Denis, nous étions inséparables, on nous appelait les Dupont, comme dans Tintin. Nombreux se demandaient même si nous étions en couple. Ainsi, lorsque l'un de nous était affecté à une corvée, l'autre l'accompagnait systématiquement, accompagné par exemple d'un parapluie pour l'abriter. Je vous laisse imaginer le spectacle. Pas moyen de nous séparer, nous ne faisions qu'un, au grand désespoir de nos supérieurs. C'était plutôt drôle, mais nous gardions toujours notre sérieux pour ne pas être démasqués dans notre jeu. J'avais choisi de respecter les ordres de manière tellement fidèle, que je m'exécutais à la lettre, mais sans jamais la moindre initiative. Un jour, on m'a placé comme planton à l'intérieur d'une grande fortification avec la lourde responsabilité de filtrer les entrées. J'avais une liste très claire des charges qui m'étaient confiées, sur laquelle mes supérieurs avaient malheureusement ( pour eux ) omis un petit détail. Le téléphone s'était donc mis rapidement à sonner et j'avais respecté strictement la liste qui ne précisait pas d'y répondre en pareil cas. Après une petite heure, un officier vint vers moi, vert de rage et m'attaqua verbalement, car il venait de se faire houspiller par sa hiérarchie. Très calme et profondément désolé, je lui expliquai alors, d'une bonne foi apparente, que je m'étais exécuté au mieux, mais qu'il n'était précisé nulle part qu'il faille répondre aux appels téléphoniques. Très nerveusement il prit la liste et rajouta donc au stylo la ligne suivante : "Répondre aux appels téléphoniques". On ne peut rien contre quelqu'un qui obéit à la lettre. C'était donc mon état d'esprit général. J'ai compris que la force et la réaction ne contraient en rien l'imbécillité humaine. Mais lorsque l'on respecte pleinement un tel système, on ne fait que révéler ses profondes lacunes. Quelques années plus tard, mon entreprise d'informatique avait pris une grande ampleur et je décidai alors que je ne ferais plus d'armée, sans pour autant objecter et me retrouver derrière les barreaux. Je me présentai donc au début d'un cours de répétition annuel avec un puissant mal de dos imaginaire. Je posai mes affaires et demandai à voir un médecin. Un officier me raccompagna à la gare dans sa belle voiture, portant seul mes lourds bagages jusque dans le train. Des examens suivirent et les experts médicaux militaires me trouvèrent une forte cambrure au bas de ma colonne vertébrale ( qui se portait à merveille ). Ils furent au regret de m'annoncer qu'il ne pourraient me garder plus longtemps parmi eux et que ma vie militaire se terminait là pour raisons médicales. Un moment fort !!! Électronique et informatique
Après l'obtention de mon CFC ( certificat fédéral de capacité ) d'électronicien, j'ai trouvé un emploi dans une entreprise d'électronique industrielle de la place de Fribourg ( Contrinex ). Durant quelques années, j'ai eu la chance d'apprendre beaucoup, non seulement dans le développement de capteurs de proximité miniatures, mais également dans les différents aspects de la gestion d'une entreprise. J'en remercie encore mon ex-employeur Peter Heimlicher.
J'ai alors exploré le marché de la distribution audio afin de trouver un distributeur intéressé à écouler mes produits par le biais de magasins spécialisés en Suisse et si possible à l'étranger. J'ai rapidement signé un contrat d'exclusivité avec l'entreprise Dynavox situé à Givisiez.
De l'informatique au ReikiFatigué de consacrer tout mon temps au travail, je suis entré dans de nombreux questionnements. J'ai découvert le Reiki que je ne connaissais pas. J'avais le sentiment d'avoir achevé un volet de ma vie et j'ai découvert que mes aspirations profondes n'allaient pas dans le sens de consacrer la quasi-totalité de mon temps au travail. Le Reiki a déclenché une vague au plus profond de moi et j'ai choisi de vendre l'entreprise tout en conservant le bâtiment pour m'assurer un revenu locatif. Tout s'est enchaîné très vite et je me suis retrouvé libre de tout engagement professionnel, en quête de nouveaux horizons, mais avant tout en quête de moi-même.
Durant six ans, j'ai consacré un à deux jours par semaine à des personnes en fin de vie dans le cadre de l'unité de soins palliatifs de Châtel-St-Denis dans le canton de Fribourg. Le Reiki était toujours très présent dans mon quotidien. C'était un outil simple et performant. Allergique à toute forme de dépendance, l'envie m'est venue peu à peu d'enseigner le Reiki en passant la maîtrise. L'idée d'offrir dans un temps relativement court un outil performant amenant les gens à plus d'indépendance m'a vraiment motivé dans ce sens. Après divers travaux de rénovation, je me suis installé dans l'unique appartement de mon bâtiment qui se veut à vocation plutôt commerciale à la base. A plein pied et coupé de la route et du train, il est orienté plein sud, surplombant de cent mètres la vallée de la Sarine et offrant un cadre idyllique pour y vivre et y enseigner le Reiki dans un espace panoramique spécialement consacré à cet effet. Cette rubrique en cours de rédaction se complète au fil de mon inspiration et de ma disponibilité... Encore un peu de moi, de ce qui m'habite...Avertissement... avant de continuer
DécalageDepuis ma plus tendre enfance, je suis décalé et j'observe ce monde de l'extérieur, un peu en extraterrestre, non sans amusement d'ailleurs... En début de scolarité, ma maîtresse d'école avait convoqué mes parents pour les informer que j'étais "original". Ce mot m'a longtemps intrigué et j'ai compris bien plus tard qu'en me cataloguant, elle m'avait fait, bien involontairement, le plus beau des cadeaux, m'amenant à prendre conscience que l'originalité est unique, différente, intelligente, vivante, ... Que de gratitude à son égard !! L'humour m'accompagne beaucoup dans mon quotidien. Tourner la société, la religion et la politique en dérision est ma façon de supporter leurs aberrations. Ce décalage est salutaire, il est mon garde fou, pour ne pas me laisser happer par la grande illusion. C'est l'un des grands pièges de la vie : tomber dans l'illusion d'être seul, coupé, séparé du tout, et s'identifier alors au matériel, à l'argent, et faire de sa vie une fin en soi. Sans doute, cette distance m'a toujours permis de rester centré sur les valeurs essentielles de la vie et de les nourrir. Garder de la distance est sécuritaire et permet de ne pas se noyer dans l'illusion, de ne pas se perdre. La vie est si simple que l'être humain ne peut s'empêcher de la compliquer, pour contourner l'essentiel qu'il refuse de voir. Pourquoi faire simple alors que l'on peut faire compliqué ? Décollage
Je me souviens d'une femme atteinte d'une leucémie. Elle était très vive et parfaitement saine d'esprit. Je l'avais rencontrée dans le cadre d'accompagnements à l'unité de soins palliatifs de Châtel-Saint-Denis. Nous avions une grande complicité et nous nous confiions mutuellement à coeur ouvert. Après avoir appris que j'étais pilote d'hélicoptère, elle m'a fait part de son souhait de marquer son départ en effectuant son premier et dernier vol pour saluer d'en haut certains endroits et certaines personnes. Avec toute l'aide de l'unité médicale qui l'a transfusée à plusieurs reprises pour l'occasion, elle s'est retrouvée radieuse et rayonnante un samedi de juillet à l'héliport d'Épagny-Gruyères, accompagnée de ses proches. Sans le savoir, il aurait été difficile d'imaginer qu'elle était malade. Nous avons effectué ce vol avec les risques que cela comportait pour elle, saluant le Moléson de son sommet et la doctoresse des soins palliatifs qui nous attendait devant sa maison à Semsales avec deux petits drapeaux en main... Beaucoup d'émotion ! Elle avait choisi ainsi de faire ses adieux à cette vie terrestre. A son retour, baignée d'une grande sérénité, elle a décidé d'interrompre toute transfusion et s'en est allée paisiblement dans la semaine suivante. Une belle histoire parmi tant d'autres...
Peu importe la durée
Notre passage terrestre est tel une fleur qui s'ouvre, illuminant de sa beauté, parfumant la vie. Au delà de son existence, il en subsiste toujours les graines portées et semées par le vent. J'ai toujours eu envie de crier que la vie terrestre est légère, qu'elle n'est qu'une étape et que quelles que soient ses tournures, elle n'a rien de grave, d'important, de dramatique. La vie terrestre est une étape d'un parcours hors du temps, d'un parcours choisi, voulu. Mourir n'a rien d'une tragédie, bien au contraire. Mourir devrait être une réjouissance, quel que soit l'âge. Il n'est écrit nulle part que chaque être humain vient à la vie pour mourir vieux.
Je m'amuse beaucoup à observer à quel point l'être humain refuse de vieillir, même quand il se dit affranchi des années qui passent : L'âge est toujours arrondi au chiffre inférieur, comme si cela pouvait freiner son avancée. Chaque décennie est comme un poids supplémentaire sur les épaules, chaque occasion de tricher pour paraître plus jeune est prise d'assaut, ... Comme si vieillir était un échec, une défaite. Et si vieillir nous rapprochait chaque jour un peu plus de notre future naissance, de notre retour à la maison ? Plus l'on s'approche de la fin d'un film et plus on est pressé d'en connaître le dénouement. Le meilleur moment en cuisine est celui où l'on peut goûter le fruit de son travail. Pourquoi n'en serait-il pas de même concernant notre passage terrestre ? La prison ou la vie ?Rien n'est grave donc, même pas la mort. Pourquoi l'être humain appréhende toujours la vie avec gravité, avec sérieux ? Retrouvez votre regard d'enfant qui savait découvrir et s'émerveiller. L'enfant n'a pas encore totalement oublié, il n'a pas encore été formaté par l'école, la société. L'enfant est authentique, il est encore connecté. Il ne s'est pas encore coupé de son intuition, il est encore habité par ses idéaux profonds, ses idéaux que l'adulte frustré qui ne croit plus en rien baptise "utopies", parce qu'il est profondément endormi, envoûté, anesthésié par ce qu'il croit être son bonheur, par cette prison dont il espère ne jamais sortir.
Je suis bien sur terre, mais parfois si loin de cette grande agitation. Malgré mon décalage, j'aime profondément l'être humain. Bien sûr, il aurait été beaucoup plus facile de faire comme tout le monde, de fermer les yeux et de m'illusionner derrière mes barreaux, priant le dieu de ma religion pour que la mort vienne le plus tard possible, espérant avoir assez souffert le moment venu pour gagner le paradis... Mais non finalement, car ce choix m'aurait donné l'impression d'être déjà mort, et je souhaite absolument mourir vivant, le moment venu. Finalement je me dis parfois qu'il faut du courage pour être original, pour quitter le troupeau et oser prendre du recul. Mais c'est tellement plus captivant ainsi ! J'aime explorer librement, découvrir, faire autrement, c'est ma nature et j'essaie d'y être fidèle, chaque jour un peu plus. Le réveil matinCe qui me plaît sans doute le plus, c'est de jouer au réveil matin. Vous savez, cet objet ingrat que personne n'aime et qui fait du bruit alors que vous dormez paisiblement, bercé par vos rêves. J'aime être ce réveil matin qui tente doucement d'éveiller l'humanité. Mais que de prétention devez-vous penser ? Je le serais si je prétendais montrer LA voie. Mais je ne montre aucune voie, si ce n'est celle du coeur. Je ne vends rien et ne nourris aucun dogme aucune croyance. Je me plais seulement à placer l'être humain face à sa propre incohérence. C'est déjà pas mal. Pour le reste, je l'invite au changement, à l'ouverture, à l'éveil. Et voyez-vous, je n'impose aucun chemin, n'affirme aucune vérité, sachant que les miennes me sont propres et n'appartiennent qu'à moi. Le chemin est en chacun. Et le rôle du réveil matin n'est pas d'organiser la journée, mais bien de faire que celle-ci puisse commencer. J'oeuvre donc en toute humilité et sans prétention. Le maîtreL'enseignant de Reiki se voit conférer à l'issue de sa formation le statut de maître Reiki. Personnellement, je suis très prudent à l'usage du terme "maître", car il est chez nous souvent très mal perçu et ambigu dans une société où ce titre incombe plus couramment aux avocats, notaires et instituteurs. Pour ma part, je me qualifie plus volontiers d'enseignant, histoire de ne froisser personne. Mais pour approfondir tout de même un peu la question, voici quelques définitions du maître, issues de différents dictionnaires :
Je me sens en total décalage avec ces définitions officielles plutôt moyenâgeuses, conférant au maître, pouvoir, contrôle et domination. Non, à mes yeux :
Ainsi, il me plaît d'être maître Reiki. Pas d'ambition, pas de désir
Et vous, savez-vous seulement qui vous êtes ? Pas facile d'oser se regarder en profondeur, à contempler ses blessures et à se permettre de les guérir. Voyez, c'est tout un programme, pas moins passionnant que celui qui consiste à pédaler toute une vie pour ne pas être rattrapé par sa réalité. Je suis convaincu que si chaque être humain consacrait un an de sa vie à l'introspection, plus rien sur terre ne serait pareil. Mais que faut-il comme dose d'égoïsme aux yeux de notre société pour s'accorder un tel cadeau ? Il m'arrive parfois de me demander ce que je pourrais bien désirer que je n'ai pas. Alors, je prends conscience que je ne désire rien, me satisfaisant pleinement de l'instant présent. Bien sûr, les grands penseurs et théoriciens prétendront que l'absence de désir est un signe de dépression, car pour eux, la santé mentale ne peut se passer de lui. Il s'agit sans doute d'une demi-vérité dans ce sens que l'absence de désir est un symptôme de la dépression, mais pas forcément l'inverse. Que ferez-vous lorsque vous aurez tout ce que vous désirez ? Il vous faudra encore trouver autre chose à désirer, mais pour aller où ? Le désir est une sorte de fuite en avant. Plutôt que de se préoccuper de la direction, l'être humain cherche à foncer, toujours plus vite... mais sans but. Et lorsqu'il perd la maîtrise de sa vie pour excès de vitesse et se heurte contre le mur, c'est la dépression, qui bien entendu est accompagnée de l'absence de désir forcée, mais non choisie. Pour ma part, le désir n'est plus un moteur dans ma vie, qui n'a jamais été aussi harmonieuse qu'à ce jour. Il ne peut tout simplement pas exister dans l'instant présent, puisqu'il n'est qu'une tentative de projection dans le futur. On ne peut que désirer ce que l'on n'a pas, donc fuir dans le temps. L'être humain pense souvent que le désir est vital, et pourtant j'ai l'intime conviction qu'il est à la source du mécontentement humain, parce qu'il ne peut qu'aboutir à l'insatisfaction.
Quand tout est là dans l'instant présent, il n'y a plus rien à désirer. La réalisation de soi aboutit immanquablement à l'absence de désir qui procure une paix profonde. Aucun désir assouvi ne procurera un surplus de bonheur. Il n'apportera qu'une envie d'avoir plus encore et le besoin de combler de nouveaux désirs, sans jamais vivre son quotidien. Le désir est une escalade sans fin à laquelle chacun de nous peut mettre fin, s'il choisit simplement d'être, ici et maintenant. Tel est le pouvoir du moment présent. Contempler la nature
Contempler la nature me donne encore une raison d'exister dans ce monde. Admirer la nature m'inspire et me reconnecte à l'essentiel. Regarder la nature nourrit ce sentiment d'unité et me relie à l'universel. Auprès d'elle j'y vis des moments intenses. Mes choix m'ont permis de m'accorder aujourd'hui du temps libre et j'en profite souvent pour méditer et contempler en jardinant.
La nature, c'est pour moi aussi les balades en forêt. Vous l'aurez deviné, j'affectionne particulièrement les abords de la Sarine qui coule à mes pieds, cent mètres au dessous de mes fenêtres. Je me plais à explorer ses méandres, ses falaises brutes et escarpées, sa faune riche et variée, ainsi que sa flore non moins diversifiée. C'est un peu mon berceau protecteur, là où coule mon inspiration, là où j'ai choisi de plonger mes racines, profondément dans cette terre, pour m'y nourrir. Une naissance chaque jourAussi loin que je me souvienne, je me suis toujours réveillé avec le sourire, avec l'envie intense de débuter chaque nouvelle journée, comme une nouvelle vie qui commence. Chaque jour est une naissance, tout est neuf, et lorsque j'ouvre les yeux dans mon lit, j'ai la soif de l'enfant qui découvre et s'émerveille. Vous l'aurez compris, je suis matinal et je peux me lever n'importe quand dans la nuit avec fraîcheur et enthousiasme. La vie est une telle aventure, quel que soit le programme de la journée ! Ma seule frustration a toujours été de ne jamais pouvoir partager ce moment délicieux avec qui que ce soit... ( partagez sur le forum ) Conspiration, réaction et pouvoirNombreux sont celles et ceux qui nourrissent un sentiment de conspiration, que ce soit à l'égard d'un nouvel ordre mondial, des attentats du 11 septembre 2001 ou encore d'un plan d'invasion de la terre par des extraterrestres à l'instinct belliqueux... Je me sens personnellement totalement à l'écart de tous ces mouvements de colportages malsains, démontrés ou non, car ils ne font que nourrir de peurs une soupe nauséabonde alimentant l'inconscient collectif. A mes yeux, la notion de pouvoir est intimement liée à la réaction. Le fait d'entrer dans des théories de complots a pour conséquences d'amplifier des rumeurs malsaines ( toujours considérées comme certaines ) et d'alimenter un mental assoiffé, torturé et réactionnaire. L'être humain commence toujours par réagir, pour se plaindre ensuite du pouvoir qu'il accorde ainsi à ses adversaires. Pourquoi ne pas prendre le mal à la racine en cessant simplement de réagir ? Sans réaction, aucun pouvoir n'est possible ! Le bruit qui court n'a d'intérêt que s'il provoque une réaction, sans quoi il ne fait que passer sans rencontrer la moindre résistance. De plus, le fait de nourrir la réaction amène à se centrer sur le mental pour se déconnecter de son coeur. Tel est sans doute le but de tout courant conspiratoire, qui ne fait que gangrener le mental de ses colporteurs, l'alimentant sans fin de suppositions et de suspicion, le faisant tourner en boucle jusqu'à épuisement et obscurcissement complet, un peu à l'image du virus informatique prenant le pouvoir complet de l'ordinateur. Le désintérêt est pour moi la meilleure manière de désamorcer toute conspiration. Tant que possible, je pratique donc l'action centrée sur le coeur, délaissant les réactions du mental, qui par essence est conditionnel : "Si tu me dis ceci, je te réponds cela". Le coeur lui ne peut entrer en réaction, puisqu'il est dans l'inconditionnel. Aussi, je ne milite pas et je ne réagis pas, excluant ainsi à mon humble échelle toute forme d'emprise ou de pouvoir extérieur. Je suis un ermite
On ne lutte pas contre soi, mais on commence d'abord par apprendre à s'aimer, s'apprivoiser, tels que l'on est, sans artifice, sans s'identifier à son ego, en regardant au delà de ses apparences physiques. La vraie vie d'ermite n'est pas une fuite, mais le choix conscient d'un retour vers soi, vers l'étincelle divine qui nous anime. Ainsi je vis en ermite auprès de ceux que j'aime, car il me plaît de partager. Végétarisme = sectarismeVoici quelques définitions glanées ici ou là, dans différents dictionnaires :
Je ne suis pas végétarien, dans ce sens que le fait de ne pas manger de viande n'implique pas pour moi que "je sois adepte d'un régime supprimant la viande et prônant ce choix" ( pour reprendre les mots clés des définitions qui précèdent ). Je trouve le terme "végétarien" totalement sectaire. Il est une étiquette enfermant et regroupant tous les militants non-mangeurs de viande dans un enclos. On est adepte d'une religion ou d'une secte, mais pas de ses goûts alimentaires. Jamais je ne militerai contre la viande ou tenterai de dissuader qui que ce soit d'en manger. Je ne prétends pas qu'elle soit mauvaise pour la santé, je n'invoque pas de raisons éthiques pour justifier un choix, mais tout simplement je respecte le fait qu'elle m'écoeure profondément. Tout petit, mes parents m'ont habitué à en manger. En grandissant, j'ai constaté que je laissais toujours la viande pour la fin, me rassasiant de tout le reste. Je ne mangeais alors presque que du poulet et du boeuf, ce qui me faisait appréhender les invitations, car souvent il fallait se forcer et faire semblant. Malgré ces efforts contre mon gré, de nombreuses chairs animales n'ont jamais passé du tout. Par exemple, l'odeur et le goût du poisson m'ont toujours profondément répugné, au point que même en y ayant goûté, je n'ai jamais pu en avaler. Et je ne vous parle même pas de l'agneau... Je n'ai rien choisi, si ce n'est de me respecter, lorsque peu avant les années 2000 j'ai arrêté progressivement de manger de la viande. Le goût du cadavre me dégoûte et ne me convient pas, raison pour laquelle je ne l'ingère plus. Pas structuré
Même durant ma période de vie très active, je n'ai pas souvenir d'avoir été organisé dans mon travail. Je m'amusais beaucoup, cumulant de nombreuses couches que je traitais à la fois aléatoirement et simultanément, avec il faut le reconnaître une efficacité parfois redoutable et surprenante. J'ai souvent eu le sentiment de n'avoir aucun mérite dans mes réussites, car je n'avais tout simplement pas l'impression qu'elles venaient de moi. Bien sûr, j'ai dû apprendre à m'imposer des cadres, à l'intérieur desquels je pouvais laisser libre cours à mon désordre naturel. Des cadres un peu semblables à des bacs à sable délimitant des espaces de jeu. Aussi, vu de l'extérieur, je donne l'apparence que quelqu'un d'organisé et ponctuel, mais ce n'est pas ma nature véritable. Lorsque je lâche tout effort, je retrouve mon empirisme inné. Je suis donc parfois déroutant dans mes approches, car elles n'empruntent que rarement les sentiers battus. Ma vie d'ailleurs est balisée de voies inhabituelles qu'il me plaît d'ouvrir, d'explorer et de partager. Mais derrière ce mode de fonctionnement qui échappe à toute logique connue, les idées sont claires, les convictions profondes et inébranlables. Parler de soi est-il une forme d'exhibition ?J'ai été amené à me dévoiler dans le cadre d'échanges auprès de personnes en fin de vie, celles-ci ayant par la force des choses laissé tomber leurs masques et leurs carapaces, pour être totalement elles, sans maquillage, sans artifice. Alors comment ne pas s'ouvrir face à une telle invitation à l'authenticité ? Sans doute ai-je facilement tendance à me confier ou à parler de ma vie, ce qui bouscule certaines idées reçues. De nombreuses théories mettent en garde l'enseignant ou le thérapeute contre le fait de dévoiler son intimité, comme si l'une des dernières barrières sécuritaires face à autrui était ainsi abolie. Mais cette barrière n'est pour moi qu'une illusion, car on ne se protège de rien en se cachant, si ce n'est de soi-même. Il est difficile d'ouvrir pleinement son coeur à autrui si l'on n'est pas en mesure de s'affirmer tel que l'on est. La personne affranchie du regard des autres n'a plus à se cacher pour se protéger d'autrui car elle n'a plus rien à craindre. Pour ma part, j'aime être moi-même et me révéler dans mon authenticité, sans chercher pour autant à m'exhiber.
Internet à le grand avantage de ne rien imposer. Sur la toile, chaque internaute est responsable de ce qu'il consulte. Aussi, je n'ai pas le sentiment d'exhiber un contenu, mais seulement de le rendre accessible à qui le choisit. Si vous parcourez mes pages dans un esprit de curiosité, vous n'y trouverez sans doute rien d'intéressant. Si vous le faites dans un esprit d'ouverture, de questionnement et d'authenticité, vous y trouverez peut-être l'inspiration... Je vous invite à cette petite réflexion : Quel aspect de vous ne pouvez-vous pas envisager de partager avec autrui ? Et à quoi de personnel cela vous ramène-t-il ? Les réponses découlant de ces deux questions vous guideront sans doute à toucher des blessures et croyances profondes... Cette rubrique en cours de rédaction se complète au fil de mon inspiration et de ma disponibilité... |
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