Bonjour à tous,
Cette question interroge nécessairement tout praticien qui fait payer ses soins, tout simplement parce qu'il aimerait vivre un peu de son activité. Sans vouloir être pédant, elle est vieille comme... l'argent, et c'est tout le combat de Socrate contre les sophistes : comment vendre, dit Socrate, ce que je n'ai pas, puisque je ne fais que révéler à l'autre son potentiel de savoir et son chemin de vie philosophique. Pas du tout, disent les sophistes, penser suppose une technique qui peut se vendre.
On découvre avec les débuts de l'ethnologie de la fin du 19ème que, dans les sociétés du pacifique, fonctionne le système du don rituel. Le don n'est pas la charité chrétienne qui ne suppose pas de contre-partie. Je donne à A qui, en échange DOIT donner à B, qui lui-même donne à C qui me donne quelque chose. Ainsi la boucle est bouclée dans ce système qui ne laisse rien au hasard mais structure tout le système de reconnaissance de l'autre. C'est bien la même chose qui fonctionne avec le gâteau
Mais on s'est aperçu au 19ème et l'explosion du salariat, que l'argent est aussi un moyen d'acquérir sa liberté. Je vends ma force de travail en échange d'un salaire. Au-delà du contrat, je ne dois plus rien à personne. Freud a bien compris cette question, qui pose que la cure psychanalytique ne peut être gratuite et doit être équivalente à un acte de chirurgie, sous peine de créer une relation de dépendance et de dette de l'analysé vis à vis de son analysant.
Au total, qu'est-ce que je cherche, en tant que praticien, quand je fais un soin Reiki? Quel retour est-ce que j'en attends et sous quelle forme? Et enfin, quel espace de liberté je laisse au receveur pour ne pas dépendre de moi?
C'est intéressant que nos débats, très fréquents sur l'argent, posent la question du point de vue du praticien. Mais qu'en est-il du point du vue du patient?
Bon dimanche à tous
